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FOOT - ⚽ Lucien Vayé, bénévole depuis 1962, pilier discret du COP

À Pacé, tout le monde le connaît sous le surnom de “Lulu”. Lucien Vayé, fait partie de ces figures discrètes mais essentielles qui donnent une âme aux clubs amateurs. Depuis la création du Club olympique Pacéen, au printemps 1962, il n’a jamais quitté les bords de terrain. Soixante-trois ans de présence continue, de bénévolat et de fidélité, sans jamais chercher la moindre mise en avant.

Avant de s’investir dans le club, Lucien grandit à la ferme avant de rejoindre le CFA, après la guerre. Il y apprend la plomberie, un métier manuel qu’il exercera durant toute sa carrière. « Un travail qui me convenait. J’ai toujours aimé être actif, faire les choses correctement », confie-t-il.

Quand le COP Foot voit le jour, une poignée d’habitants se mobilise pour structurer le club : Victor Léon, Guy Gérard ; à qui une école de la commune rend aujourd’hui hommage ; et M. Belle-Blanc. Ensemble, ils parviennent à unir les deux sensibilités du bourg, laïque et privée. Les jeunes du village, eux, trouvent le nom : Club Olympique Pacéen. Lucien en fait immédiatement partie.

Sur le terrain, il devient rapidement entraîneur des jeunes. « Je n’ai rien fait d’extraordinaire », répète-t-il, fidèle à sa modestie. Pourtant, plusieurs générations de joueurs se souviennent de lui. Il se remémore aussi son premier match sous les couleurs du COP : une lourde défaite 8-0 contre Le Rheu, vite effacée par une victoire 8-1 la semaine suivante contre Mordelles. « On avait pris notre revanche », sourit-il.

Durant des décennies, Lucien passe plus de temps au club qu’à la maison. « On me disait que j’aurais mieux fait d’installer ma tente ici », plaisante-t-il. Il tient pourtant à souligner la patience de son épouse, “admirable”, dit-il, pour avoir accepté sa passion sans jamais la freiner. Ce qu’il préfère, ce sont les enfants, leur transmettre le respect du club, du matériel, du terrain. « Quand un jeune prend le ballon après un match, je l’appelle pour ramasser les drapeaux. Pas pour l’engueuler : pour lui apprendre le respect. »

Il a connu les montées en PH puis en DRH, les bonnes années et les moins bonnes. Mais jamais il n’a envisagé de quitter le COP. « J’aurais eu honte d’aller ailleurs. Ici, je connais tout le monde », explique-t-il. C’est cet esprit familial, dépourvu de jalousies et d’enjeux financiers, qui l’a toujours retenu. « Au club, soit tu donnes à tout le monde, soit tu ne donnes à personne. »

Aujourd’hui, avec plus de 600 licenciés, un niveau régional solide, et un pôle féminin dynamique, le club continue de grandir tout en gardant son identité. Il continue encore d’aider, d’arbitrer, de venir aux réunions, « ne serait-ce que pour faire une personne de plus dans la salle ». Il observe avec intérêt le développement du pôle féminin : « Les filles, j’aime bien les arbitrer. Elles sont vraiment sympas. »

À 80 ans passés, Lulu espère simplement que l’esprit du club perdurera. « Un jour, Mickaël, Patrick et Damien ne seront plus là. Il faudra des remplaçants. » Mais il reste confiant, convaincu que l’esprit familial l’emportera.

Lulu ne s’est jamais vu comme une figure du club. Pour lui, il n’a fait que “rendre service”. Pourtant, pour Pacé, il est bien plus que cela : un témoin vivant de l’histoire du football local, un homme fidèle, un visage familier sans lequel le COP n’aurait tout simplement pas la même saveur.